Et si on arrêtait de dire simplement : « C’était du New Age » ?
De quoi parlons-nous réellement lorsque nous employons ces mots ?
Je remarque quelque chose depuis que je chemine avec Jésus.
Chez les chrétiens, on entend souvent :
« Elle était dans le New Age. »
« Moi aussi, avant de connaître Jésus, j’étais dans le New Age. »
« Il faut sortir du New Age. »
Mais parfois, j’ai envie de poser une question toute simple :
Qu’est-ce que nous voulons dire exactement par “New Age”?
Parce que si nous voulons parler de discernement spirituel, je crois que nous devons commencer par être précis.

Le « New Age » n’est pas un mot biblique
Le terme New Age, qui signifie littéralement « Nouvel Âge », est un terme moderne.
Il ne correspond pas à une catégorie biblique précise.
Il désigne plutôt un ensemble très diversifié de courants et de pratiques spirituelles qui se sont développés particulièrement dans le monde occidental au XXe siècle, avec des influences provenant notamment de l’ésotérisme, de l’occultisme, de la théosophie, du spiritisme, du mouvement du potentiel humain et de différentes traditions spirituelles.
Autrement dit, mettre une multitude de pratiques, de croyances et de personnes dans une seule boîte appelée « New Age » peut rapidement devenir imprécis.
Et c'est là que notre discernement commence.
Car le contraire du discernement n'est pas seulement l'ignorance. C'est aussi l'étiquetage.
Alors, qu'est-ce qui devrait réellement nous interpeller?
Je crois que la Bible nous donne des critères beaucoup plus précis que l'expression « New Age ».
Elle nous parle de pratiques qui cherchent une connaissance spirituelle, une puissance ou une médiation en dehors de Dieu.
Dans le Deutéronome, par exemple, plusieurs pratiques sont nommées : la divination, les présages, la sorcellerie, les enchantements, les consultations de médiums et des morts.
Le Lévitique dit également de ne pas se tourner vers les médiums et les spirites.
Et Ésaïe pose une question qui, à mon sens, résume magnifiquement le principe :
Pourquoi chercher auprès des morts ce qui doit être recherché auprès de Dieu?
Ésaïe 8:19 oppose justement la consultation des esprits à la recherche de Dieu.
Voilà une distinction beaucoup plus profonde que simplement dire : « Ça, c'est du New Age. »

Les mots de la Bible sont beaucoup plus précis
Dans le texte hébreu de l'Ancien Testament, on trouve différents termes pour différentes pratiques.
Par exemple
qesem - קֶסֶם
La divination.
נָחַשׁ — nachash
Chercher ou interpréter des présages.
מְעוֹנֵן — me'onen
Un terme associé à certaines formes de divination ou d'observation des temps.
כִּשֵּׁף — kashaph
La sorcellerie ou la pratique magique.
אוֹב — 'ov
Associé à la consultation spirituelle.
La Bible ne met donc pas nécessairement toutes les pratiques spirituelles dans une seule catégorie. Elle fait des distinctions.
Et cela devrait nous apprendre quelque chose.
Si la Bible prend le temps de distinguer les choses, peut-être devrions-nous en faire autant.

Mais attention : tout ce qui est « caché » n'est pas automatiquement mauvais
C'est une nuance qui me semble extrêmement importante.
Parce que nous pouvons facilement tomber dans l'autre extrême : « C'est mystérieux? Donc c'est mauvais. »
Non.
La Bible elle-même parle de mystères, de choses cachées, de sagesse, de révélations et de réalités spirituelles.
Elle utilise notamment des notions comme le סוֹד — sod, qui peut désigner le conseil, l'intimité d'un conseil ou une assemblée confidentielle.
La question n'est donc pas simplement : « Est-ce que cette chose est mystérieuse? »
La vraie question est :
D'où vient-elle?
À qui est-ce que je demande cette connaissance?
Quelle place est-ce que je donne à cette connaissance?
Est-ce que je cherche Dieu ou est-ce que je cherche une puissance spirituelle que je veux maîtriser moi-même?
C'est là que le discernement devient essentiel.

Le véritable danger : vouloir prendre la place de Dieu
Pour moi, c'est ici que se trouve une partie essentielle du problème.
Certaines spiritualités peuvent donner à l'être humain l'impression qu'il possède en lui-même une puissance qu'il doit simplement apprendre à activer.
On peut alors passer subtilement de :
« Je reçois de Dieu » à « Je possède un pouvoir spirituel que je peux utiliser. »
« Je demande à Dieu de me conduire » à « Je peux moi-même contrôler les forces spirituelles. »
« Je cherche la volonté de Dieu » à « Je veux manifester ma propre volonté par une puissance spirituelle. »
Et là, la question n'est plus seulement une question d'étiquette. Elle devient une question de seigneurie.
Qui conduit ? Qui est la source ? À qui est-ce que je remets mon pouvoir ?
Est-ce que je cherche à connaître Dieu… ou à devenir moi-même la source de ma connaissance, de ma puissance et de ma destinée?

Et c'est ici que l'ego spirituel peut entrer en scène
Il existe une forme d'ego qui n'est pas nécessairement matérialiste. Il peut être spirituel.
« Je suis plus éveillé. »
« Je sais des choses que les autres ne savent pas. »
« J'ai accès à une connaissance réservée aux initiés. »
« Je possède une fréquence particulière. »
« Je peux voir ce que les autres ne voient pas. »
« J'ai développé des capacités que les autres n'ont pas. »
Et même dans un milieu chrétien, nous devons rester vigilants.
Parce que l'ego peut porter une croix autour du cou. Il peut parler de Dieu. Il peut citer la Bible. Il peut même parler du Saint-Esprit.
Le simple vocabulaire chrétien ne garantit pas que tout ce qui se passe dans notre cœur vient de Dieu.
Voilà pourquoi la Bible nous demande de discerner :
« Bien-aimés, n'ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu. » — 1 Jean 4:1
Le verbe grec utilisé derrière « éprouvez » est lié à l'idée de mettre à l'épreuve, examiner, discerner. Donc même le chrétien est appelé à discerner.

Oui, il peut même exister un « New Age chrétien »
Et cette phrase peut déranger.
Mais je ne l'utilise pas pour accuser qui que ce soit. Je l'utilise pour nous inviter à regarder le mécanisme plutôt que l'étiquette.
Une pratique ne devient pas automatiquement biblique simplement parce qu'on ajoute le nom de Jésus.
Si je crois que je peux manipuler une force spirituelle à volonté, contrôler les événements par ma pensée, obtenir des connaissances secrètes par une technique ou développer une puissance personnelle indépendante de Dieu… le fait d'utiliser un vocabulaire chrétien autour de cela ne change pas nécessairement la nature du mécanisme.
Le discernement chrétien ne consiste donc pas seulement à demander : « Est-ce que cela se dit chrétien? »
Mais aussi :
« Quelle est la source? »
« Quelle est la place de Jésus? »
« Qui reçoit la gloire? »
« Est-ce que je me soumets à Dieu ou est-ce j'essaie de contrôler le spirituel? »

Et le yoga? Et la méditation? Et toutes les autres pratiques?
C'est précisément ici qu'il faut éviter les généralisations.
Une pratique peut exister dans différents contextes, avec différentes intentions et différentes significations.
Dire simplement « Yoga = New Age » ou « Méditation = New Age » ne permet pas nécessairement de comprendre ce que la personne fait réellement.
La vraie question est encore une fois :
Qu'est-ce que cette pratique enseigne?
Qu'est-ce que la personne cherche?
Quelle conception de Dieu, de l'être humain et du monde se trouve derrière?
À quoi la personne remet-elle sa confiance?
Et surtout : est-ce que cette pratique m'éloigne de Dieu ou m'amène à chercher Dieu?
C'est beaucoup plus exigeant que de coller une étiquette. Mais c'est aussi beaucoup plus biblique.

Ne jetons pas nécessairement notre histoire à la poubelle
Et voici quelque chose que j'aimerais particulièrement dire aux personnes qui viennent de ces milieux.
Lorsque quelqu'un rencontre Jésus après avoir vécu différentes expériences spirituelles, il peut parfois avoir l'impression qu'il doit maintenant renier toute son histoire. Comme si tout ce qui existait avant Jésus était nécessairement sans valeur.
Je ne crois pas qu'il faille fonctionner ainsi.
Je peux reconnaître que certaines choses de mon passé étaient fausses, dangereuses ou incompatibles avec ma foi actuelle… sans prétendre que mon passé n'a jamais existé.
Je peux apprendre de ce que j'ai vécu. Je peux reconnaître mes erreurs. Je peux me repentir. Je peux abandonner certaines pratiques. Je peux même brûler symboliquement certaines choses qui ne correspondent plus à ma foi.
Mais je n'ai pas besoin de détester la personne que j'étais.
Parce que Jésus ne m'a pas demandé de devenir quelqu'un qui n'a jamais vécu tout cela. Il m'a rencontrée là où j'étais.
Pour moi, mon passé est devenu un lieu de discernement
Je peux aujourd'hui regarder certaines choses que j'ai vécues autrefois et dire : « Maintenant, je comprends mieux. »
Je vois ce qui nourrissait mon ego. Je vois ce qui me donnait l'impression de posséder une connaissance particulière. Je vois ce qui cherchait une puissance spirituelle.
Je vois aussi ce qui, parfois, était simplement une recherche sincère de sens, de guérison, de paix ou de Dieu.
Et je peux faire des distinctions.
C'est justement parce que j'ai traversé certaines choses que je suis capable aujourd'hui de reconnaître certaines différences.
Je n'ai pas besoin de glorifier mon passé. Mais je n'ai pas besoin non plus de le mépriser.
Comme une graine sous la terre
J'aime beaucoup l'image d'une graine.
Avant qu'une fleur apparaisse à la lumière, la graine descend dans la terre. Elle traverse l'obscurité. Elle pousse ses racines. De l'extérieur, on pourrait croire qu'il ne se passe rien. Et pourtant, quelque chose se prépare.
Je ne dirais pas que toutes les expériences spirituelles de notre passé étaient bonnes. Ce serait trop simple.
Mais je crois qu'il est possible que Dieu utilise même les chemins tortueux de notre histoire pour nous conduire finalement vers Lui.
Ce qui était autrefois une recherche confuse peut devenir aujourd'hui une capacité de discernement. Ce qui était autrefois une quête de pouvoir peut nous faire comprendre la différence entre contrôler et nous abandonner à Dieu.
Ce qui était autrefois une recherche de lumière peut nous faire reconnaître Celui qui dit : « Je suis la lumière du monde. »
Et alors, notre passé n'est plus notre maître. Il devient un témoignage.

Mais il y a une limite importante
Dire que notre passé peut devenir une richesse ne signifie pas que nous devons retourner à toutes les pratiques que nous avons quittées.
Ce n'est pas parce qu'une chose a fait partie de notre chemin qu'elle doit continuer à faire partie de notre vie.
Il existe une différence entre comprendre d'où je viens et retourner chercher ma source là où je ne la cherche plus.
Pour le chrétien, la source demeure Dieu.
Et le discernement consiste justement à apprendre à reconnaître ce qui vient de Lui et ce qui ne vient pas de Lui.
Ne faisons donc pas du mot « New Age » une arme
Peut-être pourrions-nous arrêter de dire simplement : « Elle était dans le New Age. »
Et commencer à demander :
Qu'est-ce qu'elle pratiquait réellement?
Qu'est-ce qu'elle croyait?
Quelle était la source de cette pratique?
Qu'est-ce qu'elle recherchait?
Est-ce qu'elle cherchait Dieu ou une puissance spirituelle indépendante de Dieu?
Est-ce qu'elle remettait sa vie à Dieu ou cherchait-elle à contrôler le spirituel?
Voilà des questions qui permettent réellement de discerner.
Et surtout, ne jugeons pas trop vite ceux qui sont encore en chemin
Quelqu'un peut être en train de sortir d'un courant spirituel sans avoir toutes les réponses.
Quelqu'un peut encore avoir des objets, des livres ou des écrits de son ancienne vie.
Un mari peut ne pas être au même endroit que sa femme. Une femme peut découvrir Jésus tout en étant encore en train de comprendre ce qu'elle a vécu auparavant.
Et cela ne signifie pas nécessairement qu'elle doit mépriser la personne qu'elle était hier.
Nous avons tous un chemin. Et nous avons tous besoin de grâce.

Le vrai changement n'est pas seulement de changer d'étiquette
Passer de « Je suis New Age » à « Je suis chrétien » n'est pas le but ultime.
Le véritable changement, c'est de passer :
De « Je veux contrôler ma vie et le spirituel » à « Jésus, je te donne ma vie. Conduis-moi. »
De « Je veux posséder la connaissance » à « Seigneur, apprends-moi. »
De « Je veux ma volonté » à « Que ta volonté soit faite. »
De « Je veux ma propre puissance » à « Je dépends de toi. »
Et peut-être que c'est là que se trouve l'un des plus grands discernements.
Ce n'est pas simplement ce que je pratique qui compte. C'est aussi ce que je cherche à devenir, qui je laisse me conduire et à qui je remets mon cœur.
Du « New Age » au Christ
Je ne veux donc plus simplement dire : « J'étais dans le New Age. »
Je préfère aujourd'hui raconter mon histoire avec davantage de précision.
J'ai cherché. J'ai exploré. J'ai parfois pris de mauvais chemins. J'ai cru certaines choses qui ne correspondaient pas à la vérité que je comprends aujourd'hui. J'ai aussi découvert certaines blessures, certains désirs et certaines profondeurs de mon cœur.
Et au milieu de tout cela, Jésus m'a rencontrée.
Aujourd'hui, je ne veux pas devenir prisonnière de mon passé. Mais je ne veux pas non plus faire semblant qu'il n'a jamais existé.
Je veux pouvoir regarder en arrière avec discernement, regarder devant avec espérance, et garder les yeux fixés sur Celui qui m'appelle.
Jésus-Christ.
Parce qu'au bout du compte, mon témoignage n'est pas : « Regardez tout ce que j'ai compris. »
C'est : « Regardez Celui que j'ai rencontré. »
Et peut-être que c'est cela, finalement, le plus beau fruit du discernement : ne plus chercher à posséder la lumière… mais apprendre à marcher avec Celui qui est la Lumière.

Prière
Seigneur,
Toi qui sondes les cœurs et qui connais nos profondeurs, Viens déposer ta paix en nous.
Toi qui es la vraie Lumière, Apprends-nous à ne pas nous contenter des étiquettes, des raccourcis et des apparences. Donne-nous le courage de regarder au-delà des mots, De faire preuve de discernement et de vérité dans notre marche avec Toi.
Quand notre ego cherche à tout comprendre, à tout maîtriser ou à s'élever par ses propres forces, Viens déposer en nous l'humilité de l'abandon. Aide-nous à passer de la volonté de contrôler le spirituel À la grâce de nous remettre entre Tes mains.
Éclaire notre passé sans que nous ayons à le renier, Et utilise même nos chemins tortueux pour affiner notre écoute de Ta voix. Que notre histoire ne devienne jamais une source de fierté ou de condamnation, Mais un lieu où Ta grâce abonde et où Ton amour triomphe.
Seigneur Jésus, Garde nos yeux fixés sur Toi. Apprends-nous à ne plus chercher à posséder la lumière, Mais à marcher pas à pas, simplement, Avec Cela qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.
Que ta volonté soit faite, dans nos cœurs et dans notre vie.
Amen.

Avec compassion
Joanie



Magnifique texte qui me rejoint beaucoup 🕊️