Appelée à vivre sur les routes avec Jésus et mon fils
Ce blog est une interprétation écrite par moi, Joanie Lafrenière, après une entrevue en personne où Marie-Pier m'a soigneusement partagé son histoire et son projet
Il y a des matins où la ville semble peser plus lourd que tout un sac de voyage.
Je me faufile dans le trafic pour aller à l'école de mon fils. Les voitures défilent. Les moteurs rugissent. Les klaxons répercutent le bruit, le froid, la fatigue. Et au fond de moi, une phrase ressurgit sans cesse, simple et brûlante : « Pourquoi suis-je ici ? Je n'ai rien à faire ici. »
Ce n’est pas seulement une envie de partir. Ce n’est pas une crise passagère, ni un rêve esthétique de van life avec de beaux couchers de soleil. C’est plus profond que cela. C’est l’appel d’une âme qui étouffe quand elle reste trop longtemps loin du chemin où Dieu l’a façonnée pour marcher.
Depuis près de sept mois, je vis une sédentarité forcée. J’essaie d’être présente, responsable, fidèle dans le quotidien. Je porte mon rôle de maman avec sérieux. Mais plus les semaines passent, plus je comprends que le Seigneur a déposé en moi une soif particulière : vivre libre, légère, disponible, dans une dépendance réelle envers Lui.
« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » Matthieu 8:20
Cette parole de Jésus ne me quitte pas. Elle me rappelle que mon modèle n’a pas cherché la sécurité que le monde promet. Il a marché. Il a obéi. Il a vécu à l’écoute du Père, jour après jour.
Et aujourd’hui, avec mon fils Zéphyr, je sens grandir cet appel : prendre la route avec Jésus, non pour fuir, mais pour suivre.

Quand le béton fatigue l’âme
Certaines personnes se sentent enracinées dans une maison, un quartier, une routine stable. Elles y trouvent la paix. Pour moi, la stabilité imposée peut devenir une cage invisible.
Je ne méprise pas la ville. Je ne méprise pas les logements, les écoles, les horaires, les obligations. Je sais que Dieu peut parler partout, même au milieu des klaxons, des corridors d’immeubles et des épiceries trop éclairées. Mais je sais aussi reconnaître le lieu intérieur où mon âme se dessèche.
Chaque matin, lorsque je traverse les bruits urbains avec mon fils, quelque chose en moi gémit. Ce cri ne vient pas d’un caprice. Il vient d’une mémoire spirituelle. Je me souviens de ce que c’est que de vivre avec peu, d’avancer selon la lumière du jour, de voir le ciel plus souvent que les murs, de prier parce qu’il faut vraiment dépendre de Dieu pour la prochaine étape.
Depuis que j’ai donné ma vie au Seigneur, tout a changé. Après de profondes délivrances, j’ai reçu le Saint-Esprit avec une intensité qui a redéfini mes désirs. Ce qui m’attirait avant a perdu sa force. Ce qui semblait normal m’a paru étroit. Jésus est devenu mon modèle absolu, non comme une belle idée religieuse, mais comme une personne vivante à suivre.
Jésus n’a pas vécu accroché au confort. Il allait vers les villes, les villages, les maisons, les rives, les montagnes. Il s’arrêtait là où le Père l’envoyait. Il repartait quand le temps était venu.
Je ne prétends pas comprendre parfaitement ce que cela veut dire pour moi. Je ne veux pas romantiser la route, ni faire semblant que la vie nomade est toujours facile. Il y aura la fatigue, la pluie, les imprévus, les besoins pratiques, les questions de sécurité, surtout avec un enfant. Mais je ressens clairement ceci : mon cœur respire mieux quand il avance avec Dieu.

L’Australie a préparé un espace en moi
« C’est pourquoi voici, je la séduirai, et je la mettrai au désert, et je parlerai à son cœur. » Osée 2:14
En 2016, il y a maintenant dix ans, j’ai vécu une année qui a marqué ma vie au fer rouge. Une année en van life en Australie, terminée sur les routes de Tasmanie. À l’époque, je ne comprenais pas tout ce que Dieu était en train de semer. Je voyais surtout la beauté, l’espace, la simplicité.
Je vivais dépouillée de beaucoup de choses. Moins d’objets. Moins de bruit inutile. Moins de distractions. Le quotidien se résumait souvent à des gestes simples : trouver un endroit où dormir, cuisiner dehors, rouler vers un nouvel horizon, s’émerveiller devant une côte sauvage ou une route déserte.

Avec le recul, je vois cette année autrement. Je crois que le Seigneur préparait le terrain de mon cœur.
Il me montrait qu’une vie plus simple était possible. Il m’apprenait que le manque de superflu n’est pas une pauvreté quand l’âme est vivante. Il creusait en moi une soif de liberté authentique, pas une liberté centrée sur moi, mais une liberté qui me rendrait un jour capable de dire : « Seigneur, je suis disponible. »
Le désert, dans la Bible, n’est pas seulement un lieu sec ou difficile. C’est aussi un lieu de rencontre. Un lieu où les faux appuis tombent. Un lieu où Dieu parle au cœur, loin du bruit qui couvre sa voix.
L’Australie a été ce genre de désert pour moi. Un désert vaste, magnifique, parfois rude, mais rempli de traces de Dieu. Je ne savais pas encore que cette semence prendrait racine bien plus tard, après des combats, après la maternité, après des délivrances, après un retour radical à Jésus.
Aujourd’hui, quand je repense à cette année-là, je ne vois pas seulement une aventure passée. Je vois une préparation.

La maternité est devenue un lieu de combat et de grâce
Devenir maman a ouvert une autre saison. Une saison belle, mais aussi traversée par des tempêtes. Dès la naissance de mon fils Zéphyr, j’ai senti combien l’ennemi cherchait à alourdir mes charges, à semer la confusion, l’épuisement, la peur et la culpabilité.
La maternité révèle beaucoup de choses. Elle met en lumière nos limites. Elle expose nos blessures. Elle nous oblige à aimer quand nous sommes fatiguées, à nous relever quand nous voudrions nous cacher, à chercher Dieu avec plus d’urgence.
Je ne peux pas raconter cette période sans parler des délivrances extraordinaires que le Seigneur a opérées dans ma vie. Il a brisé des chaînes. Il a restauré mon regard. Il a remis de l’ordre là où il y avait de la confusion. Il m’a ramenée à sa Parole avec force, douceur et autorité.
Puis, en août dernier, quelque chose a basculé.
Je me suis donnée à fond dans mon rôle de maman, non selon mes anciennes réactions, mais sous la conduite de la Parole de Dieu. J’ai commencé à voir mon fils autrement. Non comme une charge à gérer, mais comme une âme précieuse à accompagner. Non comme un frein à mon appel, mais comme une partie vivante de cet appel.

Et l’harmonie est venue.
Pas une perfection de magazine. Pas des journées sans fatigue. Une harmonie réelle, simple, profonde. Un lien renouvelé. Une paix nouvelle dans la maison. Une joie plus stable.
Aujourd’hui, Zéphyr est un petit garçon audacieux. Il parle de Dieu avec une liberté qui me bouleverse. À l’épicerie, il peut aborder des gens et leur parler du Seigneur avec une simplicité désarmante. Là où un adulte calculerait trop, lui ose. Là où je pourrais hésiter, lui ouvre la bouche.

Je vois déjà en lui quelque chose du Royaume.
Cela me confirme que notre appel n’est pas seulement individuel. Nous avons un chemin de discipulat à vivre ensemble. Je suis sa maman, bien sûr. Je dois le protéger, l’enseigner, le nourrir, l’encadrer. Mais je suis aussi témoin de ce que Dieu dépose en lui.

Si le Seigneur nous conduit sur les routes, je crois que ce ne sera pas pour vivre une vie désordonnée. Ce sera pour apprendre ensemble à obéir, à servir, à prier, à écouter. La route deviendra peut-être notre école. Les rencontres deviendront peut-être nos leçons. Les besoins concrets deviendront peut-être nos occasions de voir la main de Dieu.
Le saut de foi commence avant la route
« Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » Luc 18:27
Je ne possède pas encore toutes les réponses. Je n’ai pas encore le van parfait. Je n’ai pas encore la carte complète. Je ne sais pas exactement quelle porte Dieu ouvrira, ni sous quelle forme.
Peut-être un véhicule aménagé. Peut-être un lieu temporaire. Peut-être une direction à laquelle je ne m’attends pas. Je veux garder mes mains ouvertes. Je ne veux pas forcer une porte que Dieu ferme, ni manquer une porte qu’Il ouvre.
Mais je sais ceci : ce projet de vie nomade n’est pas un caprice. C’est un appel à servir le Royaume.
Vivre sur les routes avec Jésus et mon fils signifie accepter une dépendance plus visible. Cela signifie renoncer à certains repères. Cela signifie apprendre à discerner chaque étape, à gérer les besoins matériels avec sagesse, à ne pas confondre foi et impulsivité.

La foi n’est pas l’absence de responsabilité. La foi, c’est l’obéissance quand Dieu parle, même si les garanties humaines ne sont pas toutes là.
Je veux avancer avec sobriété. Je veux veiller au bien-être de mon fils. Je veux honorer Dieu dans les détails pratiques. La liberté en Christ n’est pas une excuse pour négliger ce qui compte. Elle est une invitation à vivre sans esclavage, sans peur, sans attachement malsain à ce que le monde appelle sécurité.
Il y a des questions concrètes :
Où dormir en sécurité ?
Comment maintenir un rythme sain pour Zéphyr ?
Comment assurer son instruction, sa stabilité affective et ses besoins quotidiens ?
Comment discerner les lieux où Dieu nous appelle à témoigner ?
Comment rester connectés à une communauté chrétienne, même en mouvement ?
Je ne balaie pas ces questions. Je les apporte au Père. Une par une.
Je crois au Dieu de l’impossible. Je crois qu’Il pourvoit. Je crois qu’Il sait ouvrir une mer, nourrir au désert, envoyer des ressources, déplacer des cœurs, placer les bonnes personnes au bon moment.
Si une porte s’ouvre, je veux pouvoir dire : « Seigneur, c’est Toi. » Si une porte reste fermée, je veux aussi pouvoir dire : « Seigneur, je Te fais confiance. »

Marcher comme Jésus, avec les yeux ouverts
Suivre Jésus sur les routes ne veut pas dire chercher une vie spectaculaire. Cela veut dire chercher une vie obéissante.
Le saut de la foi
Sans logement fixe, je m'avance dans un saut de foi absolu. Je ne m'appuie pas sur mes forces, mais je remets tout entre les mains du Dieu de l'impossible. Si une porte s'ouvre — van, lieu ou autre direction —, je saurai que cela vient de Lui.
Seigneur Jésus, Toi qui marchais sur les routes de Galilée, Toi qui guidais mes pas en Australie autrefois, je Te remets mon chemin et celui de mon fils. Ouvre les portes selon Tes richesses, pourvois miraculeusement, et conduis-nous là où Ta gloire doit être proclamée. Amen !

Avant de terminer je tiens à prendre le temps de te dire que si tu as aimé mon blog, merci de commenter et partager autour de toi. Aussi, si ton coeur est touché par ce projet nomade et que tu as à coeur d'y contribuer d'une quelconque façon, toute aide sera bienvenue.
Avec amour
Marie-Pier Otis


Tellement inspirant!!